Comprendre le fonctionnement des hypothèques est essentiel avant d’acheter un bien immobilier en Suisse. Contrairement à de nombreux pays, le système suisse divise le financement immobilier en deux niveaux : la première hypothèque et la deuxième hypothèque. Connaître la différence entre ces deux prêts vous permet de mieux planifier votre financement et d’éviter les surprises.
En Suisse, les achats immobiliers sont généralement financés par des hypothèques accordées par des banques ou des institutions financières. Lors de votre demande, les prêteurs évaluent vos revenus, votre stabilité financière et votre profil de crédit afin de déterminer combien vous pouvez emprunter et si le prêt restera abordable sur le long terme.
Ce guide explique la différence entre la première hypothèque et la deuxième hypothèque en Suisse, le fonctionnement de ce système hypothécaire particulier, ainsi que ce que les acheteurs doivent savoir avant de financer un achat immobilier. Comprendre ces bases vous aidera à prendre des décisions éclairées et à planifier votre investissement immobilier en toute confiance.
Qu’est-ce qu’une hypothèque ?
Une hypothèque est un prêt garanti par un bien immobilier, utilisé pour financer un achat immobilier. L’emprunteur rembourse ce prêt avec des intérêts sur une certaine durée. Les structures hypothécaires varient selon les pays ; certains utilisent un seul prêt hypothécaire, d’autres plusieurs niveaux.
Dans de nombreux pays, des systèmes d’amortissement ou de prêts étagés sont courants, mais la Suisse a une approche unique. Elle utilise un système à deux niveaux, divisant le prêt en première hypothèque et deuxième hypothèque.
Comment fonctionnent les hypothèques en Suisse
En Suisse, l’achat d’un bien immobilier exige généralement que l’acheteur apporte au moins 20 % du prix d’achat en fonds propres. Le reste peut être financé par une hypothèque octroyée par une banque ou un établissement financier, qui prend le bien en garantie.
Sur ces 20 % de fonds propres, au moins 10 % doivent provenir de liquidités, comme des économies. Le reste peut souvent provenir de la prévoyance vieillesse, notamment du pilier 3a ou des fonds de pension, sous conditions.
Les 80 % restants de la valeur du bien sont généralement financés par des hypothèques. Contrairement à d’autres pays qui utilisent un seul prêt hypothécaire, la Suisse structure ce financement en deux niveaux, chacun avec des règles de remboursement et des risques différents.
La structure standard est la suivante :
Première hypothèque : jusqu’à 65 % de la valeur vénale du bien
Deuxième hypothèque : jusqu’à 15 %, couvrant la part entre 65 % et la limite de 80 % du taux d’avance
Ce système à deux niveaux permet aux prêteurs de gérer les risques tout en maintenant la stabilité du marché immobilier suisse sur le long terme. Pour les acheteurs, comprendre le fonctionnement de ces hypothèques suisses est indispensable pour bien planifier le financement de leur achat.
Qu’est-ce qu’une première hypothèque en Suisse ?
La première hypothèque correspond à la part principale du prêt immobilier, couvrant généralement jusqu’aux deux tiers (environ 65 %) de la valeur vénale du bien.
La principale différence entre la première et la deuxième hypothèque réside dans le fait que la première couvre la majorité du prix d’achat avec un risque plus faible et des taux d’intérêt plus bas, tandis que la deuxième sert à financer le reste et est associée à des taux plus élevés et des exigences de remboursement plus strictes.
Les rôles diffèrent aussi : la première hypothèque sert de financement principal et ne nécessite pas d’amortissement obligatoire, tandis que la deuxième comble l’écart jusqu’à 80 % de la valeur du bien et doit être remboursée dans un délai fixé. Ses caractéristiques clés sont :
Part la plus importante du financement
Pas d’obligation de remboursement (pas d’amortissement obligatoire)
Taux d’intérêt généralement plus bas que la deuxième hypothèque
Souvent conservée à long terme par les emprunteurs pour bénéficier de déductions fiscales sur les intérêts hypothécaires
La banque procède à une estimation indépendante de la valeur du bien pour déterminer la valeur de nantissement de la première hypothèque. Comprendre les taux hypothécaires en Suisse est essentiel pour les acheteurs genevois qui souhaitent optimiser leurs coûts d’intérêts sur le long terme.
Beaucoup de propriétaires en Suisse choisissent de ne pas rembourser rapidement leur première hypothèque. Une raison importante est le système fiscal suisse : les intérêts hypothécaires sont déductibles des impôts, ce qui peut compenser la valeur locative imposée sur les logements occupés par leur propriétaire.
Ainsi, la première hypothèque est souvent maintenue à long terme, voire indéfiniment, selon la stratégie financière du propriétaire et les conditions du prêteur. En conservant un solde élevé sur la première hypothèque, les propriétaires peuvent réduire leur revenu imposable grâce aux déductions d’intérêts, ce qui équilibre en partie l’imposition sur la valeur locative de leur bien.
Qu’est-ce qu’une deuxième hypothèque en Suisse ?
La deuxième hypothèque couvre la part du prêt située entre 65 % et 80 % de la valeur vénale du bien. Elle comble le gap de financement entre la première hypothèque et le montant total autorisé selon le taux d’avance. Ses caractéristiques importantes sont :
Doit être remboursée dans un délai de 15 ans ou avant l’âge de la retraite (obligation d’amortissement), règle en vigueur depuis 2014
L’obligation d’amortissement ne concerne que la deuxième hypothèque
Risque plus élevé pour les prêteurs, car il s’agit d’un prêt subordonné ; en cas de vente forcée, la première hypothèque est remboursée en priorité, ce qui augmente le risque de perte sur la deuxième hypothèque si la valeur du bien est insuffisante
Taux d’intérêt légèrement plus élevés en raison du risque accru
Charges mensuelles plus importantes du fait du remboursement simultané des intérêts et du capital sur la deuxième hypothèque
Les intérêts plus élevés de la deuxième hypothèque sont également déductibles fiscalement
L’amortissement peut être direct (paiements réguliers réduisant la dette hypothécaire) ou indirect (versements sur un compte de prévoyance pilier 3a suisse servant à rembourser la dette plus tard)
La deuxième hypothèque est soumise à des règles de remboursement plus strictes afin d’assurer que l’emprunteur constitue progressivement des fonds propres et réduise son endettement avant la retraite.
Première hypothèque vs deuxième hypothèque en Suisse
Comprendre les différences essentielles entre la première et la deuxième hypothèque est crucial pour bien naviguer dans le financement immobilier suisse.
Caractéristique
Première hypothèque
Deuxième hypothèque
Part du prêt
Jusqu’à 65 % de la valeur du bien
De 65 % à 80 %
Obligation de remboursement
Pas obligatoire
Doit être remboursée en 15 ans ou avant la retraite
Niveau de risque
Faible
Plus élevé
Taux d’intérêt
Généralement plus bas
Légèrement plus élevé
Amortissement
Facultatif
Obligatoire
Part du prêt
Première hypothèqueJusqu’à 65 % de la valeur du bien
Deuxième hypothèqueDe 65 % à 80 %
Obligation de remboursement
Première hypothèquePas obligatoire
Deuxième hypothèqueDoit être remboursée en 15 ans ou avant la retraite
Niveau de risque
Première hypothèqueFaible
Deuxième hypothèquePlus élevé
Taux d’intérêt
Première hypothèqueGénéralement plus bas
Deuxième hypothèqueLégèrement plus élevé
Amortissement
Première hypothèqueFacultatif
Deuxième hypothèqueObligatoire
First Mortgage vs Second Mortgage
Calcul de la capacité d’emprunt en Suisse
Avant d’acheter un bien immobilier en Suisse, il est essentiel de comprendre comment les banques calculent la capacité d’emprunt. Les prêteurs suisses suivent des règles strictes pour s’assurer que les emprunteurs peuvent gérer leur dette sur le long terme.
Une règle clé est la limite du tiers. Les coûts totaux liés au logement — incluant intérêts hypothécaires, amortissement obligatoire et charges d’entretien estimées — ne doivent pas dépasser environ un tiers du revenu brut. Vous pouvez utiliser un calculateur hypothécaire suisse pour voir comment cette règle s’applique à votre situation.
Pour déterminer votre capacité d’emprunt, les banques examinent plusieurs critères :
Vos revenus et stabilité professionnelle
Vos dettes et engagements financiers existants
La valeur et le prix d’achat du bien
Les banques exigent également que l’acheteur apporte au minimum 20 % du prix d’achat en fonds propres. Généralement, elles financent jusqu’à 80 % de la valeur du bien.
Comprendre ces règles d’accessibilité est crucial pour planifier un achat immobilier. Si les coûts hypothécaires dépassent le tiers des revenus ou si les fonds propres minimums ne sont pas disponibles, la banque refusera probablement le prêt. Une analyse financière préalable vous aidera à garantir la stabilité de votre financement.
Quel apport personnel faut-il en Suisse ?
Les prêteurs hypothécaires suisses demandent un apport minimum de 20 % du prix d’achat du bien. Au moins 10 % de cet apport doit provenir de liquidités, c’est-à-dire d’économies ou d’actifs facilement mobilisables, et non de la prévoyance professionnelle.
Par exemple :
Prix du bien : CHF 1'000'000
Apport personnel : CHF 200'000 (20 %)
Première hypothèque : CHF 650'000 (65 %)
Deuxième hypothèque : CHF 150'000 (15 %)
Dans la plupart des cas, si vous financez au moins un tiers du prix d’achat avec vos fonds propres, vous n’avez pas besoin de deuxième hypothèque.
Les frais annexes tels que les frais de notaire, d’inscription au registre foncier et les droits de mutation (généralement entre 3 % et 5 % de la valeur) doivent être couverts séparément par l’acheteur.
Fonctionnement du remboursement de la deuxième hypothèque en Suisse
La deuxième hypothèque doit être amortie dans un délai de 15 ans ou avant l’âge de la retraite. Deux méthodes courantes existent :
Amortissement direct : Les paiements réguliers réduisent la dette hypothécaire, ce qui diminue les intérêts.
Amortissement indirect : Les paiements sont versés sur un compte de prévoyance pilier 3a. La dette hypothécaire reste constante jusqu’à ce que l’épargne soit utilisée pour rembourser la dette. Cette méthode permet de bénéficier de déductions fiscales sur les intérêts hypothécaires et les versements au pilier 3a.
Beaucoup de propriétaires préfèrent l’amortissement indirect pour son efficacité fiscale et sa flexibilité financière. Notez que pour 2026, la contribution maximale au pilier 3a pour les personnes ayant une caisse de pension est de CHF 7'258.
Conseils pour structurer votre hypothèque en Suisse
Choisir la bonne structure hypothécaire peut grandement influencer votre stabilité financière à long terme. Voici quelques conseils pratiques :
Planifiez votre stratégie d’amortissement. Décidez de la vitesse à laquelle vous souhaitez rembourser la deuxième hypothèque tout en conservant suffisamment de liquidités pour d’autres dépenses ou investissements.
Comparez les offres hypothécaires. Les taux, conditions et modalités varient d’une banque à l’autre. Comparer vous aidera à obtenir les meilleures conditions.
Comprenez les principaux types d’hypothèques suisses. Les hypothèques à taux fixe offrent de la stabilité, tandis que les taux variables peuvent évoluer. Les hypothèques SARON, souvent proposées sur des durées plus courtes (trois ou cinq ans), offrent plus de flexibilité.
Respectez les règles d’accessibilité. Assurez-vous que vos charges totales (intérêts, amortissement, entretien) restent sous le tiers de vos revenus bruts, seuil standard des banques suisses.
Pensez long terme. Considérez vos projets financiers, professionnels, familiaux et votre âge de départ à la retraite lors du choix des modalités de remboursement.
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FAQ
La première hypothèque couvre jusqu’à 65 % de la valeur vénale et n’a pas d’obligation de remboursement. La deuxième hypothèque couvre la part entre 65 % et 80 % et doit être amortie dans un délai de 15 ans ou avant la retraite.
Conclusion
Le système hypothécaire suisse utilise une structure à deux niveaux pour financer les achats immobiliers, exigeant un apport minimum de 20 % en fonds propres. La première hypothèque couvre jusqu’aux deux tiers de la valeur vénale et ne nécessite généralement pas de remboursement, tandis que la deuxième hypothèque couvre le reste jusqu’à 80 % et doit être amortie dans un délai de 15 ans ou avant la retraite. Comprendre ces différences et planifier votre stratégie hypothécaire vous aidera à financer votre logement en Suisse efficacement.
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